
Le secteur agroalimentaire fait face à des défis majeurs concernant la gestion de ses emballages de transport logistique. L'étude d'Analyse du Cycle de Vie (ACV) menée par l'ingénieur Pierre Rouvière pour le compte de Pandobac fournit une évaluation environnementale détaillée des dispositifs de réemploi par rapport aux emballages à usage unique. Cette analyse s'adresse spécifiquement aux professionnels du marché B2B, tels que les producteurs, les grossistes et les industriels. Elle compare les impacts environnementaux de l’usage d’une caisse réemployable par rapport à un emballage à usage unique pour le transport de produits alimentaires depuis un fournisseur jusqu'au point de vente en France, tout en respectant la chaîne du froid et les normes sanitaires.
Pour garantir la robustesse des résultats, l'étude prend en compte l'intégralité du cycle de vie des produits, depuis l'extraction des matières premières jusqu'à la gestion de la fin de vie, en incluant la fabrication, la distribution et les phases de lavage pour les caisses réemployables. Elle a fait l’objet d’une revue critique par deux experts du secteur : Emmanuel Pion et M. et Mme Recyclage. Au lieu de se concentrer uniquement sur l'empreinte carbone, l'analyse observe cinq indicateurs environnementaux majeurs pour étudier d’éventuels transferts d'impacts :
La particularité de cette ACV est qu’elle repose non pas sur des hypothèses théoriques mais sur 8 ans d’historique de l’activité de Pandobac. La collecte de données réalisée par Pierre Rouvière, en collaboration avec Pandobac, a été réalisée auprès d’utilisateurs du service de Pandobac : les emballages réemployables et à usage unique ont été pesés, les données d’utilisation se basent la plateforme de suivi pando.ovh développée par Pandobac qui permet de mesurer avec précision les rotations et les durées de cycles. Bien que certains des utilisateurs du service Pandobac atteignent 99% de taux de retour, ce sont des données moyennisées qui ont été retenues. Ces données terrain font de l’ACV une étude unique en son genre. Elle se démarque ainsi de nombreuses autres études ne reposant que sur des données théoriques et non empiriques.
Dans le secteur des fruits et légumes, l'étude compare l'utilisation de caisses réemployables en polypropylène (PP) avec des caisses en carton ondulé et des cagettes en bois à usage unique. Les résultats soulignent l'importance cruciale de la localisation du centre de lavage.

Le transport de produits de la mer révèle les avantages les plus spectaculaires du dispositif de réemploi, en comparant des caisses en polyéthylène haute densité (HDPE) avec des emballages en polystyrène expansé (PSE) et en carton plat paraffiné.

L'étude des flux industriels, illustrée par le transport de fromages et de chips, met en lumière d'autres dynamiques logistiques entre les caisses en polypropylène et le carton ondulé. Dans un scénario logistique national, l'étape du transport représente près de 70 % de l'impact des caisses réemployables sur le changement climatique en raison des longues distances parcourues pour le nettoyage.

Le bilan de cette analyse du cycle de vie démontre que le réemploi n'est pas une solution magique abstraite, mais un dispositif logistique dont l'efficacité repose sur trois paramètres fondamentaux : l'organisation spatiale du service, le nombre effectif de réutilisations et le ratio volumique des contenants.
Une caisse réutilisable est employée entre 32 et 250 fois au cours de sa durée de vie, ce qui dépasse largement le seuil des 10 réutilisations généralement nécessaires pour surpasser les performances de l'usage unique sur le plan climatique. Un fait notable vient également contredire les idées reçues concernant le lavage des bacs : la consommation d'eau liée au cycle de vie complet des caisses réemployables est en moyenne 60 % inférieure à celle des emballages jetables. Cette économie s'explique par la très forte intensité hydrique nécessaire à la fabrication continue de nouveaux emballages à usage unique, qui excède largement l'eau consommée par les tunnels de lavage industriels. En optimisant les distances de collecte et en garantissant des taux de retour élevés ainsi qu’une conservation similaire, les dispositifs de consigne B2B confirment ainsi leur statut de pilier incontournable pour la transition écologique de la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire.
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