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Covid 19 : impact sur l'alimentation
Pandobac

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Solution Logistique Zéro Déchet

Bio, circuit courts… les effets de la Covid-19 vont-ils durer ?

Avez-vous entendu parler des tendances alimentaires provoquées par la déferlante covid ? Si je ne peux pas vous entendre, je vous imagine difficilement répondre non à cette question. En effet, il est difficile d’ignorer que la pandémie a complètement chamboulé notre existence dans tous ses aspects et notamment dans nos habitudes alimentaires. Quelles sont les causes de ce changement et quel impact a eu la Covid-19 sur le secteur alimentaire et en particulier sur le développement du bio et de l’approvisionnement en circuit court ?

Covid-19 et restauration hors domicile : un secteur impacté et impactant

Plus touché que d’autres, le secteur de la restauration commerciale a vu les quelque 210 000 restaurants français fermer leurs portes, mettant des milliers de salariés au chômage technique durant des mois et impactant l’ensemble de la filière agroalimentaire : producteurs, grossistes, solutions logistiques zéro déchets… Si le développement accéléré de la vente à emporter et de la livraison à domicile a permis à certains de rouvrir leur établissement – au moins partiellement – le secteur peine à se maintenir à flot.

A ces chiffres impressionnants s’ajoutent ceux d’un autre secteur de la restauration hors domicile (RHD) : la restauration collective. Ce secteur, qui a vu ses cantines scolaires et restaurants d’entreprises désertés lors du premier confinement, peine à reprendre une activité normale malgré les autorisations de réouvertures.

Évidemment, si tous les établissements de restauration sont fermés, un autre lieu a soudainement vu sa fréquentation augmenter : la cuisine des particuliers ! Les chiffres sont formels : 37% des Français déclarent s’être mis à la cuisine durant le premier confinement. Or, on s’en doute, particuliers et chefs ne cuisinent pas de la même manière et leur approvisionnement diffère aussi, ce qui a entraîné des changements soudains dans la façon de s’alimenter.

Aujourd’hui, un an après le premier confinement, nous pouvons prendre un peu de recul sur ces tendances alimentaires. Alors, quelles sont les tendances qui ont pris leur envol durant la crise sanitaire ? Ont-elles passé le cap des 6 mois ? Vont-elles réussir à perdurer ?

Covid 19 : la montée soudaine du bio

Lors du premier confinement, le secteur de l’alimentation bio a connu une augmentation folle : +63% lors de la première semaine (traditionnel : +40%) et +25% sur l’ensemble de la période. Différents facteurs sont à prendre en compte dans cette augmentation : 

  • Sous-représentation des produits bio dans la RHD
  • Plus forte confiance des consommateurs envers des produits biologiques face aux produits traditionnels.
  • Rupture de stock dans les magasins (transferts vers d’autres produits)
 

Mais cette explosion ne s’est pas poursuivie dans l’année. Comme l’avance une étude de Prisme sur l’impact du coronavirus sur l’actualité agricole et agroalimentaire, cette augmentation fulgurante ne pourrait pas se maintenir sur le long terme, notamment car le panier moyen en bio est plus élevé de 30 à 75% qu’en conventionnel. Ce rapport datant de juin doit toutefois être nuancé : de nombreuses entreprises majeures du secteur agroalimentaire, tel que Danone, ont annoncé l’élargissement – voir la création – de leur gamme biologique et commencent à s’intéresser à des filières traditionnellement délaissé par le bio tel que les surgelés. 

Covid-19 : Circuit courts, locavore, local

Le maître mot du premier confinement est sans aucun doute “local”. Coincé dans un rayon de 1km autour de chez lui et confronté à la pénurie artificielle en supermarché, le Français moyen a pris conscience du chemin parcouru du champ à l’assiette et cela s’est vu sur les achats, ceux des consommateurs et évidemment ceux des acheteurs professionnels.

Chez Pandobac, nous connaissons bien le MIN de Rungis où sont situés nos bureaux. Il y a quelques semaines, nous avons eu l’occasion d’aller à la rencontre des producteurs sur le bien-nommé Carreau des producteurs. Ici, pas d’intermédiaires et que du circuit court : toute la marchandise a poussé en Ile-de-France.

Lors de notre arrivée, nous avons été surpris par le calme qui régnait sur place : seul une quinzaine de producteurs et une poignée d’acheteurs étaient présents. On est très loin de l’effervescence du premier confinement ! Un producteur de champignons francilien témoignait : “Pendant le premier confinement, mon activité a augmenté de 30% ! Aujourd’hui, on n’a plus autant de clients…”. Cette croissance a pris tout le monde par surprise étant donné que la majorité de leurs acheteurs sont les restaurateurs – et s’explique surtout par la croissance de 10% de la demande en produits frais dans les commerces de proximité. Lors du déconfinement, la possibilité pour les particuliers de se déplacer à nouveau a fait diminuer cette demande, causant une forte diminution de la fréquentation du carreau.

 
Careau des producteurs à Rungis

Malgré les fluctuations liées au coronavirus cette année, l’approvisionnement par circuits courts est de plus en plus plébiscité par les Français et les pouvoirs publics. La loi EGALIM notamment (2018), adressée à la restauration collective, a intégré un article portant sur la question des circuits courts, qui devront représenter au minimum 30% des achats totaux d’ici janvier 2022. 

Et ce n’est pas tout, de façon générale, l’approvisionnement en circuit court à fortement augmenté au cours de la dernière décennie, représentant 10% du panier alimentaire moyen il y a une dizaine d’années à une moyenne de 15 à 20% aujourd’hui, pour un marché d’environ 20 milliards d’euros annuels. 

Alors, tendances ponctuelles ou durables ? La question n’a pas de réponse facile. Ce que l’on peut observer aujourd’hui est qu’il y a eu une croissance forte liée aux confinements et à la prise de conscience face à un approvisionnement peu écologique. Si nous ne pensons pas pouvoir observer à nouveau des pics de croissance aussi extrêmes, ces tendances ne sont pas près de disparaître, bien au contraire. Le biologique et le phénomène locavore continuent à se développer et sont rejoints par d’autres mouvements qui gagnent de l’ampleur tels que les achats zéro déchet, notamment grâce au développement de la vente en vrac. Alors êtes-vous prêt pour un monde plus durable ? 

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