Bref historique de la consigne

Il y a 60 ans seulement, les français allaient faire le marché non pas les mains vides, mais avec leurs contenants ! Un usage populaire auquel il était insensé de déroger : Filets pour les fruits et légumes, boîtes à oeufs, bocaux, bouteilles pour le lait ou le vin… Tant de récipients utiles et indispensables pour s’approvisionner.

Alors comment se fait-il, me direz-vous, qu’aujourd’hui, rares sont ceux qui apportent leurs tupperwares avec eux lorsqu’ils font les courses ? Que les commerçants puissent être décontenancés lorsque leurs clients leur tendent un contenant ? Et que les enfants n’aient jamais vu de bouteille à lait en verre ?

Avant tout, qu'est-ce que la consigne ?

“La consigne est la somme payée par le consommateur lors de l’achat d’un bien distribué dans un emballage réutilisable ou recyclable.” – Reconcil (2019)

Ce montant peut donc s’apparenter à un dépôt qui sera restitué lorsque l’acheteur retournera l’emballage vide au point de vente.

La première entreprise officiellement réputée pour avoir intégré ce système à ses opérations est A & R Thwaites & Co à Dublin en 1799.

Cette dernière s’engageait à payer 2 shillings par douzaine de bouteilles d’eau gazeuse qui lui étaient rapportées. Dès lors, d’autres entreprises ont suivi le mouvement et ont proposé la même démarche.

La première consigne A& R Thwaites & Co

La consigne s’est facilement intégrée aux habitudes des populations car elle permet des économies non négligeables. En effet, ”une bouteille lavée coûte deux à sept fois moins qu’une bouteille neuve “ !

Les Trentes Glorieuses, ère du jetable

Les Trentes Glorieuses - Fin de la consigne

L’après guerre et l’avènement de la consommation de masse ont eu raison de la consigne en France.

Les emballages n’ont plus pour unique fonction de contenir quelconque produit mais servent à présent à informer l’acheteur et à motiver les ventes. Jeter a un goût de modernité et les préoccupations de la population évoluent. 

En 1963, la société Elco-Lesieur dépose le premier brevet français de la bouteille en plastique. L’entreprise révolutionne ainsi le secteur de l’emballage et du conditionnement des produits liquides.

L’heure n’est plus aux économies mais à la simplicité, à la consommation et à la frénésie des Trente Glorieuses. Ainsi, les poubelles prennent de l’ampleur et consommer dans du jetable s’intègre à la société.

En 1992, la France opte pour un nouveau système de gestion des déchets. Les organismes polluants doivent désormais contribuer financièrement auprès d’éco-organismes qui reverseront eux-mêmes l’argent aux collectivités. Cette loi aura pour conséquence de condamner la consigne…

En effet, cette loi s’inspire du principe du pollueur-payeur et ses conséquences sont sans appel. Il devient légitime pour les entreprises de payer (les collectivités) pour les déchets qu’elles produisent.

Elles peuvent ainsi personnaliser leurs emballages et abandonner la gestion des consignes de leurs précédents systèmes. En effet, cette même gestion était devenue plus contraignante du faite de l’allongement de la chaîne producteur/consommateur et nécessitait du temps et des ressources pour être correctement opérée.

Les emballages en plastiques remplacent la consigne

Ainsi, bien que cette réforme (aussi appelée “responsabilité élargie du producteur”)  avait pour but de sanctionner financièrement les industries polluantes, cette dernière a, dans les faits, légalisé le fait de payer pour produire des déchets.

Toutefois, certains réseaux de consigne ont survécu de par leur spécificité et fiabilité. C’est par exemple le cas des bouteilles et des fûts de bière dans certains cafés/hôtels/restaurants, de certaines palettes en Europe, de quelques bidons et fûts dans le secteur de la chimie et d’emballages dans l’industrie automobile.

La consigne continue sur les bouteilles en verre

 

Nos voisins allemands et belges ont conservé un savoir-faire dans le domaine de la consigne et ont des réseaux bien plus développés qu’en France.

C’est pourquoi en 2020, face à la montée des préoccupations environnementales et à l’accumulation des déchets sur des territoires encore vierges de toute pollution : la consigne est une solution qui revient au goût du jour !

Ses avantages sont nombreux :

  • Meilleur bilan environnemental

  • Charge écologique moindre

  • Réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’énergie consommée et de ressources utilisées

  • Gain économique

  • Popularisation du “bon message” : l’emballage a une valeur, il ne faut donc pas le jeter dans des endroits inappropriés

Toutefois, pour que ces bienfaits soient avérés et observés, il convient que le réseau de consigne doit être en circuit court afin de minimiser les déplacements et les impacts qui en découlent.

Des freins surmontables

Nous pouvons être confiants quant à la réintégration de la consigne dans nos façons de consommer. En effet, les discussions de 2018 dans le cadre de l’économie circulaire vont dans ce sens et les principales barrières à la consigne sont surmontables !

Il s’agit de repenser notre mobilité et prioriser les circuits courts, intégrer la technologie à ce procédé ancestral afin d’améliorer le suivi et les opérations et centraliser la production afin de diminuer les déplacements.

Circuiit court - Relation Production Consommateur

Les autres améliorations à apporter sont purement matérielles : concevoir et populariser un emballage standard adapté aux divers usages, commercialiser davantage de machines de nettoyage et développer les réseaux de transport qui se chargeront du transit des emballages consignés.

Finalement, la plus grosse barrière sera de convaincre les professionnels et de former la population au comportement à adopter pour réintégrer la consigne dans nos modes de vie.

C’est le pari sur l’avenir que Pandobac fait, de se battre contre l’usage du jetable pour revenir au réutilisable.

Cette ambition est également partagée par Reconcil : le réseau d’emballages consignés citoyens et local et plus globalement par le Réseau Consigne et Réemploi IDF, coordonné par Zero Waste France !

Enfin, GreenGo a vu le jour en Novembre 2018 pour remplacer les emballages jetables des plats à emporter. Cette entreprise propose aux restaurants de commercialiser leurs mets dans des contenants consignés en entreprise. Une initiative concrête qui participe à la réduction des déchêts et qui permet de réintégrer la consigne à notre quotidien !

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